Ce que je fais vraiment
On dirait que je fais dix trucs. En vrai, il n’y en a qu’un.
Quand on me demande ce que je fais, je rame toujours un peu. Je co-dirige une agence. Je forme dans des écoles. J’écris cette revue. Je bricole un jeu. Je passe mes semaines dans la musique. Listé comme ça, on dirait quelqu’un qui n’arrive pas à choisir.
C’est plus simple que ça. Je fais une seule chose, sous plusieurs formes.
Le jour, 56k. L’agence qu’on a montée à deux, avec Mendar, à Metz. Des boîtes nous paient pour relier leur produit aux gens qui le cherchent — acquisition, marque, vente, ce qu’il faut. C’est mon terrain. C’est là que je teste tout, avant d’en parler.
Le reste du temps, je transmets. Plus de 300 personnes ces dernières années — à l’IUT que j’ai quitté, à Euclea, à la CCI, et ailleurs. Je n’enseigne que ce que j’ai pratiqué. Je l’ai fait avant de le dire. Sinon je me tais.
Mais vendre ce que je sais faire, ça ne m’a jamais suffi. Alors je fabrique des trucs qui ne se vendent pas. Cette revue. Un jeu qui se moque de l’économie de l’attention — celle dont je vis le jour, oui, je sais. (C’est un peu le sujet.) Et la musique, 300 à 400 artistes par semaine, je garde ce qui résonne.
Cinq trucs, un seul geste : relier. Un produit à un marché. Une idée à quelqu’un qui peut s’en servir. Ce que j’ai compris à ce que j’arrive enfin à en dire.
Ça tient en un mot.
Si ça t’a parlé, reste.
La prochaine édition arrive quand elle tient. Mets-toi sur la liste, tu la liras direct.