Avant-propos

Pourquoi j’écris

J’ai toujours voulu créer. Le quotidien l’a mis en pause. Aujourd’hui, j’ai le temps, et enfin la main.

Dylan Sitruk·Pour commencer ici

L’envie de créer m’a toujours accompagné. Poser des idées quelque part, les montrer, les partager. Sur l’entrepreneuriat, les projets, la musique, tout ce qui me faisait réfléchir.

Avec Mendar, on avait un projet sérieux : monter une agence. C’était ça, notre truc, ce qu’on construisait vraiment. Mais en 2021, à côté, je me suis lancé un side project.

Le projet portait mon nom. dytruk, c’est juste Dylan Sitruk, contracté. dytrukafaire. Des idées sur l’organisation, la création, la façon de mener un projet. « Ose entreprendre. » Postées sans trop savoir où ça allait, juste pour le plaisir de faire.

Mes premiers designs, disons-le franchement, n’y étaient pas. Mendar a eu un peu pitié. Il a repris la partie graphique, et on a continué à deux. C’était chez lui, enfin chez sa mère, à Chartres. Quelques semaines plus tard, sa sœur nous a rejoints, puis une amie à elle. On était quatre à poster sur un compte, sans plan, avec juste l’envie de créer ensemble.

Comme ce n’était plus seulement moi, j’ai dépersonnalisé. dytrukafaire est devenu 10trukafaire.

On a tenu tout l’été. De fin juin à début août. Et puis les premiers clients sont arrivés. On venait de lancer l’agence pour de vrai, en juillet, et il a fallu choisir où mettre l’énergie. On a choisi le sérieux. 10trukafaire s’est arrêté. L’envie de créer, je l’ai rangée. Pas jetée. Mise de côté, le temps de faire tourner le reste.

Des années plus tard, deux choses ont changé. J’ai un peu plus de temps. Et surtout, j’ai les compétences qui me manquaient à l’époque. La main a rattrapé l’envie.

Alors je reprends. Et je reprends mon nom, aussi. Pas par ego. Parce que ce que je pose ici, c’est vraiment ma voix. Mon regard. Et je l’assume.

Si ça passe par l’écrit, ce n’est pas un hasard. J’avais une prof de français. Stricte, du genre avec qui je me suis chamaillé toute l’année. Un jour, elle a lâché une phrase qui ne m’a jamais quitté :

Le seul vrai moyen d’entrer dans la tête de quelqu’un, c’est de lire ce qu’il écrit.

Je crois qu’elle avait raison. Il n’y a pas d’accès plus direct à quelqu’un que ses mots.

Alors voilà ce que je fais ici. Je partage mon regard sur le monde. À travers ce que j’ai vécu, et à travers ce que vivent les gens autour de moi. Parce qu’une bonne partie de mon expérience passe par procuration : les métiers que je croise, les parcours, les façons de penser que je n’aurais jamais connues sans m’y intéresser. C’est peut-être ce que je préfère. Entrer dans la tête des autres, et te raconter ce que j’y ai vu.

Si j’ai laissé cette envie de côté aussi longtemps, c’est que je croyais qu’il fallait choisir. Faire tourner une boîte d’un côté, créer pour le plaisir de l’autre, comme si les deux ne pouvaient pas cohabiter. C’est cette idée-là que je ne crois plus.

Parce qu’au fond, ce que je cherche à tenir, ce sont justement deux choses qui n’ont pas l’air d’aller ensemble. Viser haut et vivre simple. Foncer et savoir m’arrêter. Les deux sont moi. Le travail, ce n’est pas de trancher entre eux. C’est de savoir, chaque jour, lequel je laisse parler.

Cette revue, c’est ça. La preuve que je n’ai plus à choisir. L’agence tourne, et je crée quand même. Les deux, en même temps.

C’est pour ça que ça avance par saisons. Chacune éclaire une facette. Chacune a sa note : certaines bercent, d’autres cognent. Aucune ne dit tout. Comme moi.

Cinq ans après un compte bancal monté à Chartres, je repose une pierre. Je ne sais pas encore où ça mène.

Mais cette fois, j’ai la main.
Dylan Sitruk· @dytruk

Si ça t’a parlé, reste.

La prochaine édition arrive quand elle tient. Mets-toi sur la liste, tu la liras direct. Et si ce texte t’a fait penser à quelque chose, réponds au mail. Je lis tout.

Ce que je fais, en vrai
Avant-propos · Dylan Sitruk